Ce matin j'ai eu pour la première fois la sensation que la fin est proche. J'y pense souvent, tous les jours à vrai dire, mais je repousse l'idée, celle de sevrer bébé.

L'aillement m'a fait découvrir & apprendre des tas de choses que j'ignorai, de lui, de moi. J'mettais dit si ça marche c'est cool, sinon pas grave. Aujourd'hui je suis déjà nostalgique de se contact si particulier, de la douceur de cet acte, du bien être quil s'en dégage pour lui pour moi. De l'apaisement qu'il a eu sur nous lors des multiples hospitalisations. Pourtant ça n'a pas été facile tous les jours, loin de là, entre les doutes, la fatigue & l'envie de "liberté, cela reste un moment privilégié qui n'existe entre lui & moi.

Je l'entend arriver tout sourire en chantant les yeux plein de bonheur dans les bras de papa.

Je le vois changer de regard en me voyant pour s'exiter comme un affamé, vite il faut téter.

Au creux de mon bras, dans notre lit, il se love contre moi & tête goulûment. Je le regarde s"activer, je sens sa peau de bébé, je l'écoute se régaler. Mon premier bonheur de la journée, la première tétée.

Puis, comme souvent, il s'arrête en faisant claquer sa petit langue, lève brusquement la tête les yeux plissés par la lumière pour m'offrir un magnifique sourire. Mon coeur s'envole...

Il attend que je lui réponde & me sourit encore plus fort avant de s'y replonger. J'y ai droit à chaque tétée, j'adore ça, ça me faire rire, ça m'émeut. J'y vois un petit garçon bien malicieux.

Ce matin j'ai pris conscience que la fin était proche, la crèche en février, le travail en mars sans pouvoir tirer mon lait. Je ne pourrais pas garder la tétée du matin, celle qui me plaît le plus. Pas la tétée du soir puisqu'elle n'existe déjà plus par manque de lait, elle ne sert que de réconfort pendant 3, 4 minutes si le sommeil ne lui vient pas.

Mon stock de lait congelé s'amenuise. La fin est proche j'ai beaucoup de mal à m'y faire. Je sais que tout se passera bien, mais un brin de tristesse m'envahit...alors je compte les bons côtés comme avoir tenu coûte que coûte malgré l'hôpital, les mises à jeun, la douleur d'un bébé qui d'un coup tête mal & s'ennerve de ne pas être bien, d'être allée jusqu'à 6 mois d'allaitement, d'y trouver mon plaisir, de voir le regard des autres plutôt positif, d'avoir été encouragée par les chirurgiens, pédiatres & équipes paramédicales, d'avoir pris mon temps, su trouver le bon rythme, l'apaiser si nécessaire au point d'y passer ma journée, d'oublier le regard des gens curieux...

J'ai du mal à définir pourquoi c'est si important pour moi, pourquoi est ce douloureux...pourtant ce n'est pas vraiment une fin mais plutôt la suite du chemin.

... et vous le sevrage, un moment de quiétude ? De stress ?
N'hésitez pas à me laisser un petit mot.